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MESSAGE DES DÉPORTÉS
pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation
Dimanche 25 avril 2010
Il y a 65 ans, au printemps de 1945, comme l'écrivit André Malraux, "la vraie civilisation, … la part de l'homme que les camps ont voulu détruire" triomphait de la vraie barbarie.
Les dernières citadelles où les nazis détenaient encore des survivants du génocide des Juifs et des Tsiganes, et des rescapés des camps de concentration, s'écroulaient.
Ce furent des jours de bonheur et de tristesse pour les survivants. Des milliers de leurs camarades avaient disparu et, au moment même où ils étaient libérés, beaucoup d'autres, emmenés par les SS, agonisaient sur les routes d'Allemagne, dans des "évacuations forcées" et des "marches de la mort" qui n'avaient pour but que de supprimer les témoins de la barbarie.
En cette période anniversaire de leur libération, conscients de la dette qu'ils ont contractée envers les libérateurs, les survivantes et les survivants tiennent d'abord à exprimer leur reconnaissance envers les combattants des armées de la coalition antihitlérienne grâce auxquels la part de l'homme qui subsistait en eux fut préservée.
En ce jour de mémoire, nous voulons saluer et encourager toutes les initiatives qui vont dans le sens d'un monde de tolérance, de paix, d'amitié et de solidarité entre les hommes et les peuples. La construction d'une Europe unie et pacifique, l'Organisation des Nations Unies, les progrès d'une justice pénale internationale, et les multiples organisations non gouvernementales mobilisant une jeunesse ardente et généreuse, sont autant de signes d'espoir et de raisons de croire en l'avenir.
Oui, nous croyons que le printemps refleurira et que l'humanité saura surmonter ses vieux démons, pour autant qu'elle tire les leçons de ses erreurs passées.
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